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samedi, février 02, 2008

Knock Knock Knock

Elle se lève, se dirige vers la petite table et se rhabille tranquillement, en fumant, dans un demi sourire elle me dit: «L'ambassadeur anglais trouvé mort au Ritz!»
Moi lunatique sur ses dessous et la façon qu'elle a de se les mouler sur le corps, tout bêta, comprends pas...
- Hein?
Son nombril grossit dans ma direction, je m'y engouffre mentalement.
- L'ambassadeur anglais, je te dis, trouvé mort au Ritz!
Elle me donne un bon coup de journal sur la margoulette pour que je décroche de son nombril.
- Hey, t'es folle ou quoi? je réplique.
- Lis! elle me dit en laissant tomber le journal sur moi.
Je titre: Le haut-commissaire de Grande-Bretagne retrouvé mort!
Je lis: Le haut-commissaire de Grande-Bretagne en poste à Ottawa, Sir William Rankine, a été retrouvé mort dans une chambre de l'hôtel Ritz Carlton de Montréal, hier matin. Une enquête est en cours pour déterminer blablabla... Le gouvernement canadien blablabla... Une soirée en l'honneur blablabla...
- Quoi tu vas me dire que tu y étais toi à cette soirée? je lance, n'est-ce pas, avec mon cerveau de flic automatisé, tout juste sorti de formation, frais rodé quoi… Bon vous êtes jaloux alors j’arrête, ça va !
- Et ben oui, j’y étais figure toi! Son demi sourire s’est transformé en un plat pays. Et avec le bonhomme en question !
Elle s’assieds sur le lit tout près et me fixe avec ses soleils verts tachetés d’orange comme si parce que j’étais flic j’avais toutes les réponses. Ben oui, je sais ce que je viens de vous dire mais tout de même il faut me laisser le temps.
- Attends, tu veux dire que tu y étais… À la soirée avec lui? hésitai-je !
- Non, pas seulement à la soirée, mais plutôt, avec lui, dans sa chambre, lorsqu’il est mort ! affirma-t-elle lentement, en séparant chaque affirmation.
Alors là, là elle m’épate la Cookie ! Je me redresse subitement pour bien m’adosser à la tête de lit. Je me laisse même plus distraire par ses nichons tout juste emballés dans une merveilleuse dentelle brunâtre, en parfaite harmonie avec la couleur de ses cheveux. Roux, brun, vert ; elle a du goût !
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J'en étais à ma deuxième journée dans l'escouade tactique d'intervention des forces policières. Moi et Bob s'adonnions, hormis la partie de quilles, à reluques la blonde aux gros lolos. « Et allez! Cales ta blonde jusqu’au fond Bob ». Nous n'étions pas peu fier d'avoir reçu notre full batch la veille et d'une certaine façon la vie s'offrait à nous avec une main gagnante. Nous étions descendus centre-ville pour nous payer cette petite après-midi entre amis et collègues de travail. Le soleil à l'équinoxe d'automne claquait les vitres tintes, presque noires, du Bowling bar restaurant. Les gens déambulaient dans les rues face à l'esplanade, vaquant à leurs occupations hebdomadaires, conciliant responsabilités, tâches, travail et toute cette merde dont je me moquais et dont je n'avais jamais voulue. Pas parce que je n'aurais pas été à la hauteur mais parce que j'avais besoin de vivre moi, besoin de sentir mes tripes de temps en temps, juste pour m'assurer que je suis en vie. On se tenait en forme à l'escouade; gym, course à pied, musculation, entraînement tactique tous les jours; y'a pas à dire on la méritait notre petite après-midi coulée douce. Bob lui c'était autre chose, paraît qu'avec les mômes on se tasse et on devient heureux. Peut-être que mon tour m'attend au coin de la rue, qui sait?
Toujours est-il qu’à la fin de l’après-midi j’avais empoché la rondelette somme de cent vingt dollars. Plutôt satisfait, je rentre pas chez moi comme mon compagnon, lui, fidèle à sa tendre moitié, moi, libre. J’avoue qu’il me fait pitié quelquefois. Certaines gonzesses avaient bien essayé de me garder, rien' que pour elle, pour toujours, de se faire engrosser, traîtreusement, pour me faire plier, mais c’est pas dans ma nature de plier. Que voulez-vous ? Mon destin je le tien, bien fort, entre mes mains. C’est pas demain que ça va changer !
Martine, la waitress me connaît bien. Une ancienne conquête. Une amie de Cookie. Je les ai pas comptées, mais ça fait beaucoup. J’ai ma réputation et quoi qu’elles en disent, les femmes adorent les tombeurs. Je suis précédé d’une aura de masculinité qui les fait déjà juter, avant même d’avoir entrepris le blablatérage nécessaire et usuel.
J'avais fait porter mon billet de loterie par Martine, toute la journée, bien enfoui dans son slip à la faveur de la merveilleuse rosace de son cul. De toute évidence, là se trouvait la source de toutes les fortunes; j'en étais convaincu!
- Allez redonne-moi mon billet maintenant! l'ordonnais-je! Allez! Allez! la pressais-je!
Elle me regarda sauvagement, déposa son cabaret et enfonça la main obscurément entre ses fesses pour en ressortir le précieux papier. Je le humai avec satisfaction.
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Laetitia,« Cookie », petit dèj avec son ambassadeur dans la chambre luxueuse du Ritz. Le serveur vient tout juste de rouler le chariot sur le bord de la fenêtre. Robes de chambre de l'hôtel sur le dos le couple ouvre leur cloche respective.
- Bon appétit! esquisse d'un sourire malicieux l'ambassy.
Elle regarde ses oeufs, relève la tête. Il a toujours son sourire mais soudainement un filet de sang coule sur le côté de sa joue. Il s'effondre en sonnant de sa tête la cloche restée sur le bord de l'assiette. Cookie remarque un petit trou dans la fenêtre. C'est tout selon elle... À part qu'elle se précipite...
- Pourquoi tu me contes ça Cookie, tu sais très bien que je suis flic.
- J'ai confiance en toi Marc, je me souviens de toi tu sais, j'ai toujours eu un faible pour toi. Je me suis toujours dit: (elle lève les yeux au ciel) « c'est avec un mec comme lui que j'aimerais finir ma vie. »
Vraiment là mes admis (rateur), je ne savais plus quoi penser. Mon petit doigt me disait qu'y avait là une trappe à nigaud. Mais grosse, grosse... Elle me prend pour un con, dis-je à bibi. Ça existe pas une femelle sincère pépère, ta mère te l'a appris, fais pas de confidences! La voilà qui se met à genoux aussitôt!
- Promets-moi de ne rien dire, Marc, mon amour... Marc, promets-moi...Après un moment de réflexion j'abrège aux supplications.
- Bon, bon, je ne dirai rien, pour l'instant je te couvre, on verra le développement de l'affaire, je te promets rien pour la suite. Raconte-moi d'abord! Comment tu te trouvais là?
Elle se met à marcher dans la petite pièce, comme si cela l'aidait à improviser je pense, en tapotant ses deux mains et ses dix doigts les unes et les uns contre les autres. Elle hésite et lâche : « William est mon amant depuis un an! » était... se reprend-t-elle.
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Casse-croûte, le chef de notre division répond au nom de chef ou encore capitaine mais, entre nous, les gars le surnomment respectueusement Casse-croûte. Son escouade occupe une ancienne gare, aménagée, dans le Centre Sud. Une dizaine de bureaux s’y dispute l’espace du rez-de-chaussée, gymnase, musculation et stand de tir bivouaque dans les affres du sous-sol (servez-vous de votre affreuse imagination) et la salle de réunion et exhibition garde l’étage…

Je débarque directement chez Casse-croûte me réformer…
- Salut chef ! je m’assieds à son bureaux… Chef je continu à surveiller les macaronis mais je voudrais jeter un œil sur l’affaire du Ritz Carlton… Casse-croûte lève finalement les yeux sur moi. J’additionne, on est quatre à faire du spaghetti, y’aura pas de boulettes avant longtemps ! J’ajoute alors ma carte maîtresse : j’ai peut-être un tuyau…

C’est un personnage bizarre le capitaine, frisé comme l’ancienne perruque de Patrick Normand, moustache rousse bien taillée, il ne grisonne pas mais je le soupçonne d’utiliser un produit capillaire masquant. N’empêche que pour la forme physique il n’a rien à envier aux meilleures recrues ! Pas bête non plus, sympa, laissant un large pouvoir d’enquête à ses hommes. Il m’aime bien ! C’est automatique car il choisit lui-même ses hommes. Lors d’une intervention musclée, pas question d’avoir un doute, tu hésites : «It’s too late baby !» Après six mois de formation, «a star is born», je suis un soldat ! J’ai pas encore tué j’attends d’avoir acheté un congélateur comme Bob ! Ah ! Je me fais rire moi-même ! Sans blague y’a pas que les tireurs fous et les prises d’otages, je sais boucler une enquête après des mois de travail, de surveillance, d’accumulation de preuves, de fouillage de merde. La gadoue italienne, nègre, motorisée, russe, chinoise, alouette… Dans le bureau de Casse-croûte il flotte toujours un léger relent d’huile d’arachides, de patates frites gang d’intello… Les tâches de graisse enjolivent les formulaires qu’il vous tend affectueusement. (J’ouvre ici une petite parenthèse, les formulaires du chef on les jettent parce que les stylos écrivent pas sur la graisse, je ferme la parenthèse !) Cela dit, les habitudes alimentaires du capitaine sont en complète contradiction avec son assiduité au conditionnement physique. N’est-ce pas ? Casse-croûte dirige toutes les interventions. Il fait le même boulot que nous, avec plus de responsabilités, de pliage de draps, de politicaillerie, de chichis !

- Ouais… répond le chef, moins bavard qu’un pet d’haricots.

Knock Knock Knock (suite)

Moi pis Bob, comme deux cons, on s’embarque pour Ottawa parlementer avec les membres du personnel de feu monsieur le haut-commissaire du Royaume-Uni... Bob me remercie pas de l’entraîner dans cette histoire tordue, scellée de l’intérieure, boulonnée de l’extérieure, pavée d’immunités diplomatiques, égayée de guillotines comme en républiques. Bref on risque gros notre beefsteak là-dedans. RCMP, Scotland Yard et «Dupont et Dupont», j’adore moi, contrairement à Bob que ça fait dégueuler. Je conduis ma Plymouth Barracuda 69. C'est une 340 Cubic Inches, soit une cylindrée de 5.7 Litres, pour une puissance max DIN (Deutsches Institut für Normung) de 275 Chevaux, couleur or vert. Y’a rien de trop beau pour les vacances de monsieur Hulot! Rankine laisse une femme et deux filles, dix-huit et seize ans, faux voir à qui il les laisse des fois que... Cinq heure, nous testons un premier Whiskey bar, un des plus vieux d’après l’annonce, ambiance agréable, on passe la soirée. Le lendemain on se pointe à la résidence du haut-commissaire britannique : Earnscliffe, au 140, promenade Sussex.

DEPUIS 1930, les hauts-commissaires du Royaume-Uni qui se sont succédé à Ottawa ont habité Earnscliffe, une demeure victorienne de pierre grise sur la rive sud de la rivière Ottawa. Elle a été rendue célèbre par Sir John A. Macdonald, le premier Premier ministre du Canada. Il en fut propriétaire et y vécut pendant de nombreuses années avant d’y mourir en 1891.



C’est beau mais ça fait deuil aujourd’hui, voyez ce que je veux dire. Les gens font la gueule... Faut s’y faire... On affiche tristesse et compassion devant l’interlocuteur puis devant la dame secrète du secrétariat qui l’arme à l’anglaise : «Mister Goodenough will see you soon». Et moi de dire, merci, thank you!

[À partir d’ici, pour faciliter la tâche aux lecteurs qui n’entendraient que difficilement la langue de Shakespeare, je ferai, la traduction de tous les échanges et dialogues qui emprunteront cette langue.]

- En premier lieu, messieurs, j’aimerais savoir sous quel mandat exercez-vous une enquête sur la mort de Sir Rankine, nous lance d’entrée de jeu le double zéro aux dents en clés anglaises.
- Notre brigade, réponds-je, travail en collaboration avec la police judiciaire, la criminelle particulièrement.
- Oui... feint-il, avec un cou de tortue, cette affaire nous afflige tous énormément. Elle nous dépasse aussi, nos deux pays s’en voient embarrassés, très... Nous devons connaître les tenants et aboutissants de ce meurtre, avant que les journaux... Vous comprenez? Nous devons tous être très discret dans cette enquête. C’est pourquoi je dois vous demandez de vous asbtenir. Retirez-vous et laissez nos services et la Gendarmerie Royale du Canada mener l’enquête. Évidemment si vous possédez des renseignements, relatifs à cette histoire, il est de votre devoir de nous les fournir maintenant. Dans le cas contraire nous vous remercions de votre obligeance et vous libérons d’une charge par trop encombrante, n’est-ce pas? Je vous fais reconduire!

En disant cela l’homme au bec et cou de tortue pesait sur le bouton d’appel.
- Maintenant que nous sommes ici, M. Goodenough, ne pourriez-vous répondre qu’à une question?
- Laquelle?
- La femme de Sir Rankine était-elle au courant de ses nombreuses liaisons? De ses escapades aux Bahamas?
- Bien sûr, sourit de façon condescendante Goodenough, Mme Rankine sait rester digne en toutes circonstances, comme nous tous d'ailleurs. Je vous souhaite un bon retour à Montréal messieurs.

(suite1)

dimanche, janvier 27, 2008

Knock Knock Knock (suite1)

Trois choses me marquent alors que nous sommes reconduit vers la sortie d’Earnscliffe : l’énorme quantité de bières Guinness en canettes entassées dans un coin, la propreté des lieux, beaucoup mieux que mon appart. , et finalement le leader du gouvernement conservateur au sénat, le sénateur Pearson lui-même, membre du conseil des ministres, entre alors que nous sortons… J’explique tout ça à Bob qui s’en fout royalement. Nous retrouvons la Barracuda... « Putain de merde j’ai un billet! Quelle chiasse d’enculé de ninja turtle de Goodenough, ce gars là nous cache trop de choses Bob! Je vais lui faire payer ce billet, crois-moi!» Vroum mm!

Compte rendu of «The Chocolate Chips Beauty! »: la belle Cookie!
Laetitia rencontre Sir William Rankine, haut-commissaire du Royaume-Uni au Canada, pour la première fois, le premier janvier lors d’un bal donné à l’Hôtel Fairmount Château Laurier, situé 01 rue Rideau à Ottawa. Elle y est référée par un lobbyiste d’Ottawa du nom de John Steinberg.
- Ah ! je m’esclaffe, un pimp d’Ottawa tu veux dire.
- Tu veux voir mes chèques de payes ? réaffirme la payeuse de taxes, vexée en sa qualité d’électrice électrisante.
- Bon, j’ai rien dit, continue.
- Je l’aimais bien, j’aimais bien aussi sa maison aux Bahamas. Superbe ! Si tu voyais, la mer, le soleil, la plage… Ouais, fini tout ça maintenant ! se dit-elle en feignant quelques larmes de retour sur son lit, une cigarette nouvellement allumée à la main.
- Vous y voyiez des gens aux Bahamas ?
Elle se retourne lentement vers moi, puis vers le néant.
- Quelquefois des gens venaient…
- Quels gens ?
- Des gens de la haute, de l’esss…taaa…blisss…ment, sais-tu ce que ça veux dire ? Non hein ! elle grimace et me nargue joliment car elle garde toujours son charme. Et bien… Ça veut dire touche pas… Pas touche… Je peux pas te donner de noms, ces personnes sont trop importantes. Je dois disparaître au plus vite sans laisser de traces.
- Cookie, Cookie, ma belle Cookie ! Tu me fais une liste ok ! Toutes les personnes que tu te souviens avoir vues aux Bahamas ou ailleurs. Fais-le en souvenir de William… On va prendre tout le temps qu’il faut, ensuite, tu iras voir la police.
- Hein, tu as dis que tu me protègerais, crie-t-elle, puis ajoute, salaud !
-Laetitia, soit pas stupide, ils t’auront retrouvé d’ici la fin de la journée ! Alors vas-y avant qu’ils arrivent. Ils te relâcheront discrètement et ce sera fini… T’as rien fais de mal ! Pas vrai ?


(suite2)

samedi, janvier 26, 2008

Knock Knock Knock (suite2)

Laetitia sort du commissariat, à huit heure du matin, défraîchie, après une longue nuit d’interrogatoires successifs et répétitifs. Une Audi noire l’attends à quelques pas. Elle monte et s’assoit côté passager. John Steinberg, «lobbyiste» à Ottawa, roule, en silence, sur quelques pâtés de maison. Cookie demeure, elle aussi, muette.
- Alors, tout va comme tu veux Cookie? Le deuil, c’est fini? dit-il enfin.
Le juif francophile tourne à droite, embraye sur la voie d’accès, prend l’autoroute.
- Où on va? J’ai interdiction de quitter la ville!
- Y’a de tes amis à Ottawa qui s’ennuient de toi. Il souffle débonnaire…
Il se met à chanter un air doux, gai et satisfait…
- J’ai pas dormi, j’chui pas lavée, j’chui fatiguée, réplique Cookie sur le même air.
- Mais dort, dors là, maintenant, tu te laveras chez moi, on fera les magasins ensuite, d’accords, tu te reposeras après-midi et ce soir nous avons une bella noche chez El Senator. Oublie Rankine, c’est terminé, c’est tout! Y’a plus rien à dire!
Cookie s’installe et s’endors doucement n’ayant plus la force de réfléchir.

Pendant ce temps, moi, mes admis, je trouve, pour chacun des noms que ma petite liste contient, une photo, gros plan, que j’imprime et colle dans un petit carnet avec quelques renseignements. Je trouve tout ça sur Internet, dans les vieux journaux, magazine, etc. Il ne m’en manque qu’un. Notre fichier de criminels ne ferait pas mieux. Je m’intéresse particulièrement à Madame Rankine, je cherche et trouve le plus de photos d’elle que je peux. Elle est très belle, grande, mince, racée, pas de quoi faire honte au cortège royal ou avoir peur du monokini sur la plage. Je dois lui parler. Les femmes aux abords du pouvoir en savent toujours beaucoup plus qu’on ne pourrait s’imaginer. Certaines, la plupart en fait, exercent allègrement le pouvoir donné en titre à leur mari, mais partagé en réalité dans le couple. Il m’intrigue de connaître l’influence, sonder l’intérêt, de Madame Rankine à ce propos. Reste à savoir si Casse-croûte me rembourse un billet d’avion pour l’Angleterre.


(suite 3)

vendredi, janvier 25, 2008

Knock Knock Knock (suite3)

Je vais à Londres, je voudrais faire du cinéma! Je vais à Londres, je vais faire du cinéma! Voulez-vous me dire, putain de merde, pourquoi j’ai cette connerie de chanson dans la tête? Ah oui! C’est Bob qui l’a sifflé ce matin l’imbécile heureux. Remarque je le comprends, moi aussi je plane. On part pour Londres demain matin moi et Bobby. Officieusement il va sans dire, seulement quelques mots à Mme Rankine. Vite fait quoi - in and out - one night, one day in London. On essaiera de voir quelque chose quand même. Bon trêve de vacations Mme Rankine est d’accords pour nous rencontrer chez elle, à son Home, Chelsea borough, cartier chic par excellence de Londres. Je veux des noms, des dossiers, des occupations, n’importe quoi… On verra bien ce qu’elle a dans le ventre…

Bob est tendu en avion, à la moindre poche d’air je vois ses poings se crisper, presque arracher les bras de son siège. Moi? Un scotch et que l’avion tombe, deux que l’avion prenne en feu, trois scotchs qu’elle explose, et alors, c’est le destin.

Nous voici à Londres pour pas longtemps. C’est top comme ville mais avant tout le travail. Faut être là où la diplomatie nous attends cet après-midi mec, si! L’itinéraire traîne dans une de mes sacrées poches. Ah voilà! Nous atterrissons donc à Heathrow, ensuite le train, Heathrow Express, jusqu’à la gare de Paddington, 15 minutes.



Notre hôtel? Le Paddington Hotel, 28 Gloucester Terrace Bayswater près de la gare. Je me sens comme l’ours abandonné de l’histoire qui trouve enfin un bon maître. Voilà une ville qui me plaît, me dis-je et dis-je à Bob. Je subodore une future histoire d'amour entre moi et elle. Plaisant tout de même que le mot ville soit féminin, trouvez pas? Ça fait sacrément longtemps que j’ai pas feelé papillon de nuit en plein jour.



Enfin la chambre double à 76 livres sterling (1 dollar canadien = 0,523348616 livres sterling) c’est pas mal, un endroit magnifique. Je m’informe au concierge : « How can we go there?» Vraiment pas la peine de conduire à l’envers, on peut quasiment se rendre à Chelsea à pieds de notre hôtel en traversant Hyde Park direction la Tamise. On n’est pas pressé. Je m’informe avec les brochures de l’hôtel. De très beaux livres sur Londres vaquent à rien dans le Hall du Paddington Hotel.


Le Royal Borough de Kensington et Chelsea est une circonscription de la Région anglaise du grand Londres comptant 174 000 habitants. Cette circonscription fut fondée en 1965 par fusion des boroughs de Kensington et de Chelsea. Ce borough qui possède la plus forte densité de population de tout le Royaume-Uni, compte plusieurs districts.


Le fameux club de football de Chelsea Football Club n'est pas localisé dans ce borough mais se trouve dans le London Borough de Hammersmith et Fulham. Le stade de football de Chelsea, le Stamford Bridge, est situé dans le quartier voisin de Fulham. La porcelaine célèbre vient de là. Le plus ancien jardin botanique d’Europe est là. Chelsea est un prénom féminin. On n’a qu’à penser à la Fille de Bill Clinton. Chelsea est un quartier de l'ouest de Londres, sur la Tamise. Voilà ce que j'en sais à l'heure actuelle!



Agrandir le plan

On prend un de ces fameux taxis noirs londoniens pour se rendre sur Flood Walk près de Chelsea square. Le modèle FX4, introduit en 1958 et construit, avec diverses modifications, pendant 39 ans, reste le plus emblématique des taxis londoniens. Ils présentent un rayon de braquage extrêmement court : ils doivent pouvoir faire demi-tour dans une largeur de 25 pieds. Aucune voiture de grande série n'en est capable.


Mme Rankine nous introduit elle-même. Souriante elle nous offre du thé et des cakes, elle semble être seule à la maison, ce qui me surprend pour une femme de son statut. Enfin, si la ville me séduit, que dire de cette londonienne qui ferait craquer n’importe quel homme. Elle détient ce pouvoir mais l’utilise intelligemment comme toutes les femmes de son rang et de sa classe, avec parcimonie, uniquement dans les situations qui le demande. Toujours vêtue de noir; portant encore le deuil ou simple coïncidence? Sa robe sans manches laisse voir des bras d’une finesse qui mélangent à la fois légèreté et fermeté, élégance et assurance des gestes. Une musculature inapparente comme il se doit à la féminité mais sous-entendue à la force intrinsèque de la femme. Bon me voilà dans mes pensées de Lord! Ben oui, je me sent Lord auprès d’elle. Faites pas chier! Bon, alors j’attaque de front.

- Mme Rankine, la mort de votre mari vous a-t-elle surprise? Mme Rankine prend une légère pose en regardant, un peu béate, Bob se bourrer de cakes. Je look Bob qui saisit et ballait discrètement les miettes de son habit.

- Bien sûr que oui! J’espère que vous n’avez pas fait le voyage d’outremer pour ne me demander que mes états d’âme sur la mort de William. Quoique les gens en disent William était un mari très avenant, un vrai gentlemen. J’acceptais ses écarts avec les femmes, une faiblesse que bien des hommes ont, n’est-ce pas? Elle me sourit comme un juge sourit à un récidiviste.

Elle prit une gorgée de thé et reprit, inquisitrice :
- Vous êtes marié M. St-Georges?
- Moi? Non Mme Rankine… elle avait touché juste…
- Peur des responsabilités, je vois. C’est compréhensible à votre âge. Voyez-vous en Angleterre on ne se mari pas uniquement par amour, les mariages de convenances existent toujours. Eh oui! Encore à notre époque ces choses arrivent, plus souvent que vous ne le croyez! Cela doit vous paraître navrant, n’est-ce pas? William était mon mari et il excellait en cela, je le regretterai toute ma vie. Cela dit je vivrai encore assez longtemps pour être heureuse.

Bob qui restait muet crut bien faire en soumettant sa paternité à Mme Rankine.
- Vraiment! Feint-elle la surprise car elle l’avait deviné bien aisément. Je me dis que cette femme lisait les gens comme livre ouvert et cela n’allait pas être de la tarte, que nous n’obtiendrions avec elle, que ce qu’elle voudra bien nous laisser savoir.
- Vous ne lui connaissiez aucun ennemi, aucun dossier chaud sur lequel il travaillait, comprenez-moi bien, j’ai des raisons bien précises d’être venu jusqu’ à vous, des raisons quasi personnelles de travailler sur cette enquête. Si vous pouviez nous indiquer simplement une piste à suivre! D’après ce que j’entends ici vous aimiez suffisamment votre mari pour nous aider à retrouver son assassin.

Mme Rankine songeuse reprit mais cette fois perceptiblement moins délicate. Les mots «frame» et «shape» sortir de sa bouche rougeâtre. Puis un proverbe : «Lorsque l’on tire un éléphant par la queue, il peut arriver qu’il s’assieds sur vous». Je trouve cela amusant… Nous approchons du but… Une femme qui sous le couvert de l’indifférence cherche à venger la mort de son mari. Vraisemblablement elle aimait son mari, et moi et Bob, c’est pour ça qu’on est reçu chez elle aujourd’hui! Conclusion qui s’impose : elle ne fait confiance ni à Scotland Yard, ni à la Gendarmerie Royale Canadienne, elle mise sur nous. Wow, je suis à genoux, si je m’attendais à ça!

- Je peux vous donner un nom qui vous lancera sur une piste mais j’entrevois des difficultés énormes pour vous deux. Vous ne pourrez pas avancer très longtemps dans une piste aussi marécageuse sans vous y enfoncer jusqu’au cou. Et à ce moment, on ne vous tendra pas un bâton pour vous tirer d’affaire, mais bien un boulet de canon. Aussi je vous trouve courageux et je vous aiderai du mieux que je peux. Mon mari quoiqu’il ait eu des faiblesses était un être empreint d’une grande noblesse de cœur, voilà la raison de sa mort, en cela je suis sûre!

Et sans avertissement elle laisse tomber :
- Dirigez votre enquête du côté du sénateur Pearson, leader du gouvernement conservateur au sénat, le sénateur Pearson lui-même, oui, membre du conseil des ministres et leader de votre gouvernement à la deuxième chambre. Là-dessus elle se lève et se dirige vers la porte. Voilà messieurs! Bonne chance! Je demeure à votre disposition, tenez-moi au courant, je peux peut-être vous être encore utile? Qui sait?


Sympa la dame Rankine... Nous marchons… Nous remontons King's road direction down town lorsque Bob me lâche, toujours avec ses foutus jeux de mots:
- Hey fétide man, nous avons un gland destin d’à jeun nous! puis il rie comme un con et moi de faire comme lui.
- J'ai soif! On se trouve un Pub maintenant! Dacodac?
- Ouais... On a toute la nuit devant nous mec! Leur bouffe peut pas être aussi dégeu qu'on le dit, j'y crois pas moi ! Toi Bob?
- J'ai faim en tout cas! Let's go!


Rendu dans le district de Mayfair nous choisissons tout à fait par hasard le Pub Samuel Pepys sur Clarges street. La bière est bien fraîche, le scotch excellent. Heureusement, on a eu le temps de savourer le plat traditionnel du Royaume-Uni, leur christ de «fish and chips», avant que la bagarre éclate. Rien de sérieux, on n’y a mis fin moi et Bob, de vrais héros ! On se fait d’autres admis (rateurs-ratés), encore et toujours, la bière gratos! Allez! On rentre pas, ma lame est au Paddington Hotel please! Si on se fit au regard du concierge le lendemain matin; ce fut une belle soirée! C’est notre gland destin clandestin ! redit Bob... Come on Bob... Faut pas rater l'avion...


(à suivre)